Entre gris clair et gris foncé

Il y a des jours comme celui-là où je n’ai envie de rien, que je me sens irritée et irritable, où tout et tout le monde m’agace, où je ne trouve aucun sens à ce que je fais. Aujourd’hui est un jour comme celui-là.

Je m’ennuie. Intellectuellement parlant je m’ennuie. Je sais faire autre chose que des copié/collé ou des photocopies. Mon boulot ne me passionne pas, ne m’intéresse pas et ne me fait pas progresser. Certes j’ai un boulot, c’est bien, j’ai galéré, maintenant j’ai un boulot, super, je suis happy. Mais sincèrement, ce n’est pas mon monde, tout ici va lentement, tout est compliqué et pas clair. J’ai le sentiment, ô combien désagréable de régresser. Ici on préfère le cancanage à la vraie communication. Ici on est regardé de travers lorsque l’on a une conscience professionnelle, un savoir-faire. Ici on préfère faire de l’a peu près plutôt que du bien fait. Ce n’est pas moi, ce n’est pas ma façon de faire. Je me sens étrangère, pas adaptée à ce monde.

Le temps est gris, il va avec mon état d’esprit entre gris clair et gris foncé.

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Il est urgent de vivre…

Un mois a passé depuis cette terrible nouvelle et force est de constater que la vie continue, que la terre ne s’est pas arrêtée de tourner, que tout le monde retourne à ses occupations, mais est-ce pour cela que l’on oublie ? Je ne crois pas, en tout cas, moi je ne peux pas. Il ne se passe pas un jour sans que je pense à elle, ça vient souvent de manière inattendue, alors que mes pensée étaient ailleurs.

Il faut du temps pour tout, moi il m’en faut pour passer à autre chose. C’est peut être cela que l’on appelle le deuil. Chacun son rythme, chacun sa manière de faire. Je n’attends de personne une manière de faire, je trouve la mienne.

Cet événement m’a fait réaliser une quantité de choses, m’a fait prendre du recul, m’a donné une claque monstrueuse et m’a profondément atteinte.

C’est comme si cet événement était une façon de me faire voir la fragilité de la vie, de me faire prendre conscience qu’il est urgent de vivre.

Difficile…

Mercredi, l’annonce du décès d’une collègue. Un choc, l’impossibilité de comprendre, d’assimiler la nouvelle. L’impression soudaine que le monde s’est arrêté, se sentir sonnée et incapable de parler, de réagir. Se maîtriser et aider les autres à surmonter leur peine, être juste présente, réconfortante dans le silence. Avoir la sensation d’être sur des montagnes russes. Etre écrasée par le bruit, l’agitation qui s’en suit. Réaliser que cet évènement fait relativiser beaucoup de choses. Avoir envie d’évacuer le chagrin mais se retenir, attendre d’être seule et laisser les larmes couler. Entendre sa voix dans ma tête, se rappeler notre dernière conversation, repenser à des petits riens. Penser à elle tout simplement, partie trop tôt.

Non coupable !

Il y a quelques semaines, je me demandais pourquoi j’avais une tendance récurrente à culpabiliser pour tout et rien. En me posant cette question, j’ai fait un constat, celui que depuis que je suis enfant, tout le monde s’attache à me faire croire que tout est de ma faute. Commente cela est possible ?

J’ai très vite compris que je n’étais pas une enfant désirée, mais est-ce moi la vraie coupable ? non, résolument non.

A une période mon mari m’a fait croire que nos problèmes venaient de moi. Il me semble pourtant que l’on est deux dans un couple.

Ma sœur m’a dit un jour que j’avais tout eu, parce que j’étais la dernière née. Nous sommes nées à des époques différentes, dans des conditions différentes, j’y suis pour rien moi.

La même sœur a voulu me faire croire que j’étais une privilégiée parce que j’avais une maison et deux voitures. Pourtant lorsque je regarde autour de moi, je vois beaucoup de famille qui ont la même chose et plus encore.

J’en ai marre que l’on essaie par tous les moyens de rejeter les fautes sur moi, que chacun assume ce qu’il dit, ce qu’il fait et tout ira mieux. Les gens autour de moi ont cette capacité hallucinante à dire « c’est pas moi, c’est l’autre », cela m’agace au plus haut point et je trouve cela nocif.

Là, je suis juste coupable d’éprouver un peu de colère et d’amertume, mais ça va passer !

Mots et maux

En venant ici ce matin, j’ai relu quelques articles écrits il y a quelques temps déjà. J’ai souri parce j’ai l’impression que tout est un éternel recommencement. Quelques nouvelles des « acteurs » qui parcourent mes articles, une manière pour moi de faire un point.

Toi : des nouvelles épisodiques, parfois de longs mois sans un mail. Une page a été tournée depuis longtemps. Dommage, nos échanges sur la vie me manquent.

Lui : nous nous voyons et communiquons toujours. Pas régulièrement mais cela nous convient. Nous sommes toujours amis, n’avons pas franchis l’étape ultime mais sommes toujours attirés l’un vers l’autre.

Fiston : n’a toujours pas repris le chemin des études, n’a toujours pas de travail, normal il n’en cherche pas. Il se laisse vivre et est toujours dans le déni. Je pense clairement qu’il a besoin d’aide mais je ne peux l’obliger à rien. Sa situation est une profonde source d’angoisse pour moi et une source de conflit à la maison.

Garçon : est sorti du système scolaire et est dans une étape intermédiaire. Il veut changer de voie et cherche celle qui lui convient. 2016 sera pour lui l’année des changements.

Zhom : nous avons des hauts et des bas. Parfois je me demande ce que nous faisons encore ensemble. Au fil des années je me suis rendue compte que parfois je culpabilisais pour certaines choses alors que ce n’était pas moi la responsable, mais lui. J’ai pris du recul.

Moi : toujours à me remettre en question, toujours à me poser des questions.

J’apprécie d’écrire à nouveau ici, cela me libère, me vide la tête comme si le fait de déposer mes mots me soulageait de mes maux.